mardi 20 octobre 2020

Le lien entre la destruction de l'environnement et la misère sociale ne fait aucun doute

Samedi 17 octobre, ATD Quart monde organisait "la journée mondiale du refus de la misère" et "vers une justice sociale et environnementale ". A cette occasion, plusieurs associations se sont retrouvées place de la République à Dijon.

« Le changement climatique menace de défaire les progrès des 50 dernières années en matière de réduction de la pauvreté » (Philip Alston, Nations Unies).

"Éradiquer l’extrême pauvreté représente certes un défi ambitieux, mais nécessaire car le réchauffement climatique risque d’accentuer ce phénomène dans les prochaines années. Néanmoins, des solutions existent, et méritent d’être partagées. Elles ne sont pas que les fruits de « personnes instruites ou diplômées », elles découlent également de l’ingéniosité de personnes qui subissent au quotidien ces difficultés. La journée mondiale du refus de la misère sera l’occasion pour ces personnes d’être entendues, à la fois par le grand public, mais aussi par nos représentants. Il est à présent impératif qu’ensemble nous construisions une société qui ne laisse personne de côté."

Etaient présent les associations ATD Quart Monde, Adefo, L'Ecole des parents, Oxfam, Action contre la faim, Les Amis de la terre Côte-d'Or, Envie d'Ethique et la Fresque du Climat.

Oxfam vient de publier un rapport mettant en avant les inégalités et les émissions de CO2. Sans surprise, les plus riches polluent davantage !

De son côté, l'ONG Action contre la faim fait le même constat : "
Urgence climatique, migration et faim : il est temps d’agir !"
Déplacements forcés, insécurité alimentaire, faim… les conséquences du changement climatique sont de plus en plus visibles et menacent chaque jour un nombre grandissant de personnes.
143 millions de déplacés climatiques d’ici 2050. Le constat du rapport de la banque mondiale de 2018 est sans appel, il met sous le feu des projecteurs une situation plus qu’alarmante dénoncée depuis plusieurs années par de nombreuses ONG et depuis près de 40 ans par les scientifiques.
"
(télécharger le dossier "Pour un climat contre la faim")

L'ONG Les Amis de la Terre pointe elle les désastres écologiques et sociaux de certaines entreprises, comme Total en Ouganda. (télécharger le dossier "Un cauchemar nommé Total") Ou encore avec l'entreprise Amazon avec le dossier "Immersion dans le modèle Amazon, Impunité fiscale, sociale, environnementale".

Le lien entre pollutions en tous genres et misère saute aux yeux à toute personne participant à la Fresque pour le Climat. Un excellent outil pour comprendre les relations qui existent entre les activités humaines, les dégâts sur l'environnement, et les conséquences en terme de misère. D'ailleurs, une session devrait être obligatoire à tous les élus politiques pour qu'ils comprennent les conséquences de leurs choix; des élus qui malheureusement trop souvent ne voient pas plus loin que le bout de leur rue...


Cette journée a permis de créer de nouveaux liens entre ces diverses associations oeuvrant pour le bien commun.

dimanche 18 octobre 2020

Un appel à dons pour empêcher l'assassinat de loups

L'association Combactive fait un appel à dons afin de pouvoir interdire l'autorisation de tuer des loups donnée par le préfet de Saône et Loire.

Avec l'accord de la ministre de la Transition Ecologique Barbara Pompili, la préfecture de Saône et Loire a donné l'ordre de chercher et de tuer le loup qui serait à l'origine d'attaques de troupeaux.
Deux parmi les meilleurs spécialistes du loup et des méthodes de gardiennage du bétail travaillent avec l'association Combactive pour proposer des alternatives aux éleveurs.

La première chose à faire c'est attaquer la préfecture au tribunal pour faire annuler l'autorisation d'abattage du loup. Les frais d'avocats sont de 1020 euros, d'où l'appel à dons.

samedi 10 octobre 2020

Capitale Verte européenne : mis en cause par le maire de Dijon, les Amis de la Terre veulent plus d’actions environnementales concrètes

Communiqué: " Droit de réponse des Amis de la Terre Côte-d'Or suite aux déclarations de François Rebsamen lors de son interview sur France 3 Bourgogne.


Pour la 2ème fois, Dijon échoue à obtenir le label de “Capitale Verte Européenne”. Sur France 3 Bourgogne le maire met en cause les Amis de la Terre :
“Je voudrais déjà analyser les raisons (de la défaite de Dijon) parce que quand on dépose une candidature, il faut connaître nos forces et nos faiblesses, a indiqué le maire PS de Dijon François Rebsamen. Si c’est pour recommencer à avoir les Amis de la Terre qui disent tous les jours qu’il faut avoir des ZAD et des ZAD (à Grenoble je crois qu’il n’y a plus de place pour en faire) Je vais attendre et je vais regarder, mais bien sûr qu’il faut avoir en tête 2023, on a toujours en tête de gagner. “

Nous souhaitons utiliser notre droit de réponse. Monsieur Rebsamen dit qu’il aime gagner. Apprendre de ses erreurs, de ses échecs, de l’interaction avec les autres, s’inspirer de ce qui existe ailleurs, c’est aussi gagner non ?
Suite à ce 2ème échec, il est intéressant de noter que Monsieur Rebsamen, plutôt que d’assumer et de remettre en question les points faibles de sa politique environnementale, impute en partie sa défaite aux Amis de la Terre.

Actifs en Côte-d’Or depuis 2012, nous avons, avec d’autres associations, écrit au jury et aux médias pour exprimer le point de vue de nombreux citoyens dijonnais (qui se sont également largement exprimés par ailleurs sur le facebook “Dijon ville verte”) afin de pointer des faiblesses de la ville, faiblesses que nous demandons à nos élus dijonnais de résoudre depuis des années.
Communiqué à lire ici : www.amisdelaterre.org/actu-groupe-local/dijon-ville-verte-interrogations-et-propositions-de-citoyen-ne-s/

Il nous semble en effet important que la pluralité des opinions puisse s’exprimer, que le débat soit ouvert et que la démocratie soit réelle.
Il est également intéressant d’analyser la nuance avec laquelle Monsieur Rebsamen s’exprime en parlant de gens qui ne portent pas ses idées. Le terme d’”anar-écolos” rappelant une récente et malheureuse allocution présidentielle évoquant les “amishs” qui a largement été décriée et moquée.
Toujours dans la nuance, quand, dans notre communiqué nous parlons d’urbanisation à outrance, Monsieur Rebsamen répond “Zad et Zad”.
Heureusement, le réel n’est pas noir ou blanc et les nuances existent.

Monsieur Rebsamen soyons constructifs, car le monde est en feu !

D’après une étude allemande, la France est le 15e pays le plus vulnérable aux risques météo extrêmes (sur 183 pays). Au même niveau que l’Inde ou Madagascar. Et le risque majeur d’ores et déjà repéré et vécu pour Dijon est bien celui d’être un gros îlot de chaleur. Alors que Lyon a pris conscience depuis plusieurs années qu’elle aurait prochainement le climat de Madrid, et agis en conséquence.

Alors oui, nous soutenons les initiatives et les actions pour préserver la Vie sur la Terre, qu’elles viennent des citoyens ou des élus. Chacun, citoyen, association ou élu, détient une part de solution pour cette préservation. C’est en soutenant toutes les initiatives, petites et grandes, que la ville montrera qu’elle est en phase avec les engagements de la COP21. C’est en étant à l’écoute des citoyens avec bienveillance, et en accompagnant leurs initiatives, que la ville montrera sa capacité à créer une ville résiliente aux dérives climatiques, dont l’urgence s’écrit sous nos yeux !

La ville de Dijon est riche de citoyens et d’associations œuvrant pour transformer notre ville et réduire son impact environnemental. La Ville doit prendre en compte leurs suggestions et leur donner les moyens (humains et/ou financiers) pour les accompagner pour le bénéfice de toutes et tous.

Quelques apports concrets:
– Transport : atteindre 10% ou plus de déplacements à vélo, c’est possible dès l’année prochaine. Nous avons la chance d’avoir un réseau d’associations expertes : EVAD, Cric & Co, la Rustine, … De plus, en décidant de créer “Dijon, ville à 30 km/h” dans les mois qui viennent, l’objectif des 10% pourra être atteint dès le printemps prochain.
– Déchets : “Un bon déchet est un déchet qui n’existe pas”. Partant de ce concept fondamental, soutenons les initiatives citoyennes locales qui sont nombreuses (La Recyclade, la Base, au Gramme près, Arborescence, …).
Les composteurs collectifs de quartiers sont dépassés par le succès qu’ils rencontrent, généralisons-les sans hésiter ni timidité ni cadenas, comme le fait par exemple la ville de Strasbourg depuis 10 ans.
– Energie : Selon le site seloger.com, les logements dijonnais sont globalement énergivores (https://edito.seloger.com/actualites/villes/top-10-villes-logements-energivores-de-france-article-39499.html) Nous avons la chance d’avoir l’association Bourgogne Énergies Renouvelables, experte de ce sujet. Donnons plus de moyens pour rendre nos lieux de vie, publics ou privés, moins énergivores.

C’est tous ensemble que nous pouvons construire une capitale verte européenne, sans se laisser aveugler par le progrès technologique et la croissance sans limite.

Nous n’agissons pas contre votre administration mais pour le bien commun. Pour la qualité de vie des dijonnais d’aujourd’hui et de demain.

C’est pourquoi nous aurons toujours un regard critique et constructif sur les projets de la ville nous semblant hors-sol et avec un impact environnemental démesuré. Citons par exemple #ONDijon : quel est son impact réel, sa consommation, son utilité ? Ou encore quid de l’implication des agriculteurs bio et locaux et des citoyens dans le méga-projet alimentaire TIGA ? Projet bouclé lors d’échanges feutrés mais absolument pas démocratiques.
Sans oublier bien sûr tous les projets d’urbanisation pour bétonner le peu de vert qui reste dans Dijon.

Au-delà d’un label, nous souhaitons réellement que Dijon soit une ville de référence écologique.
Vous pouvez compter sur nous pour y participer activement et de façon constructive.
Il est urgent d’agir.

Les Amis de la Terre Côte-d’Or
Depuis 50 ans, la fédération des Amis de la Terre, premier réseau mondial de défense de l’environnement, présent dans plus de 70 pays, informe, sensibilise et agis, toujours de façon non-violente, pour empêcher l’humain de détruire son habitat."


jeudi 8 octobre 2020

Dijon, 5ème ville où les logements sont les plus énergivores

Le site internet seloger.com s'est intéressé aux disparités énergétiques qui existent entre les grandes villes françaises, car en termes de consommation en énergie, tous les parcs immobiliers de l’hexagone ne se valent pas. 

Pour réalisé le classement, seloger.com s'est basé sur le DPE des logements vendus dans son réseau. Obligatoire pour toutes les ventes immobilières depuis 2007, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) exprime la performance énergétique d’un logement. Selon qu’il est peu énergivore ou, au contraire, qu’il s’apparente à une passoire thermique, un bien immobilier se voit ainsi attribuer une note allant de « A” (moins de 50  kWh/m²/an ) à « F », voire « G » (plus de 450 kWh/m²/an). Pour déterminer le niveau de performance d’un logement, plusieurs critères sont passés au crible : ancienneté du bâti, superficie du bien, exposition, nombre d'occupants, type de chauffage utilisé, etc.

Dans la préfecture de la Côte-d’Or, le taux de logements classés « F » (l’avant-dernière note la plus basse) sur l'étiquette de performance énergétique avoisine les 10 % !
(source: seloger.com)

Pourtant, la ville de Dijon n'est pas inactive sur le sujet, comme l'explique un article de l'écho des communes :
"La métropole part aussi à la reconquête du parc immobilier ancien en soutenant les éco-réhabilitations de logements des bailleurs sociaux et privés pour atteindre les standards d’habitabilité, de confort, de sobriété énergétique et de qualité environnementale (matériaux bio-sourcés, qualité de l’air intérieur…).
Entre 2010 et 2020, près de 4 000 logements à loyer modéré ont bénéficié des subventions de la métropole (8 millions d’euros) et de sa garantie d’emprunts (50 millions de prêts).
« La question du logement illustre bien l’engagement social et écologique de la ville et de la métropole. L’éco-rénovation de l’habitat, c’est réduire le nombre de passoires thermiques et redonner du pouvoir d’achat aux Dijonnais qui voient leur facture baisser. C’est aussi très important pour l’économie locale puisque 13 000 emplois sont mobilisés sur le territoire » déclare François REBSAMEN.
Concernant les logements privés, Dijon métropole s’est dotée en 2016 de la plateforme Rénovéco. Ce service dédié propose un parcours de rénovation simplifié et adapté à chaque porteur de projet et mobilise les professionnels dans le développement de leurs savoir-faire et de leurs offres de service. La métropole a ainsi soutenu la rénovation de 250 logements par an pour un montant de 2,7 M€ (subventions métropole et aides à la pierre déléguées par l’Agence nationale de l’habitat) qui ont permis de générer plus de 5 millions d’euros de travaux chaque année.
À titre d’exemple, la rénovation BBC d’une copropriété de 1971 de 84 logements raccordée au chauffage urbain en 2015 a permis 60 % d’économie d’énergie. 2 millions d’euros de travaux ont été réalisés par des entreprises locales et chaque logement a bénéficié en moyenne de 10 000 euros de subventions (Anah, Région et Dijon métropole)."

mercredi 7 octobre 2020

Le vote des députés de Côte-d'Or à propos de l'autorisation d'utilisation des néonicotinoïdes

Depuis 2016, l'utilisation des pesticides néonicotinoïdes est interdite en France. Mais le gouvernement, sous l'influence du lobby de la betterave, a proposé de faire une dérogation. Nos 5 députés de Côte-d'Or n'ont pas tous voté de la même façon.

Madame Yolaine de Courson et monsieur Didier Martin ont naturellement voté contre ce projet de loi criminel. Fadila Khattabi n'a pas pris part au vote, tandis que Rémi Delatte et Didier Paris ont voté pour continuer à épandre encore et encore des substances chimiques dangereuses pour la biodiversité.

Ces 5 députés avaient tous reçu un document d'information expliquant pourquoi l'utilisation de ces pesticides ne résoudrait en rien le problème des betteraviers. Un document clair et explicite. Pourtant Rémi Delatte et Didier Paris n'en n'ont pas tenu compte. Il est triste de voir que nous avons encore des députés inconscients et incompétents !

Bravo à madame Courson et monsieur Martin pour leur vote !

lundi 5 octobre 2020

Dijon, ville verte ??? Interrogations et propositions de citoyen.ne.s

Le 8 octobre, une nouvelle ville recevra le label "capitale verte européenne". Un collectif d'associations a écrit aux membres du jury pour soulever quelques questions concernant la candidature de Dijon.

"Depuis quelques semaines la mairie communique à grand renfort d’affiches et d’annonces sur le net. Mais quel est donc ce message à destination des dijonnais en ces temps de pandémie ? Il s’agit de soutenir la candidature de Dijon au titre de “Capitale Verte Européenne”.En tant que citoyens plus intéressés par la réalité des actions réalisées que par les effets d’annonce, nous nous interrogeons sur cette candidature et souhaitons ici partager nos réflexions. Ces quelques points étant non exhaustifs car notre lettre serait alors surement trop longue.

– Biodiversité et usage du sol – L’urbanisation galopante à l’oeuvre depuis des années élimine systématiquement toute trace végétale des rues : plus de 140 hectares ont été artificialisés depuis l’an 2000 à Dijon. Résultat, le centre-ville est devenu un grand îlot de chaleur, idem pour de nombreux quartiers où se multiplient à une allure accélérée, les “éco-quartiers”, “les résidences vertes” le nouveau nom donné ici aux immeubles d’habitations. Cette problématique est telle qu’une pétition a été lancé par une citoyenne : elle rassemble déjà plus de 18.000 signatures ! (1) Il faut à tout prix que la mairie cesse de bétonner et d’artificialiser les terres pour que les dijonnais puissent imaginer les étés caniculaires à venir sereinement.
L’ambition métropolitaine entraîne un développement de la Ville qui n’est pas cohérent avec un objectif de transition écologique ; alors que la population augmente très peu et stagne aux alentours de 150 000 habitants depuis 1970, un programme pléthorique de construction de nouveaux logements est en cours. L’idée n’étant pas de répondre à une demande mais de la créer, pour compter davantage d’habitants, et ceci au détriment de tout espace vert ou non construit et donc au détriment des habitants et de la biodiversité locale.

– Agriculture et alimentation – Si la part de produits biologiques et locaux dans la restauration collective devient une préoccupation pour la mairie, et nous l’encourageons dans ce sens, Dijon ne peut prétendre à viser un semblant d’autonomie alimentaire. En cause encore une fois la bétonisation à outrance. La mairie doit soutenir les réalisations citoyennes – comme l’incroyable action des Jardins du Coeur où se développe solidarité et légumes bios – plutôt que de les expulser pour construire une route. Nous pouvons aussi évoquer le potager des Lentillères, mondialement référencé, qui offre tous les jeudis des légumes bios, locaux, à prix libre et qui est dans la ligne de mire de la mairie. Le projet TIGA (Territoire d’Innovation de Grande Ambition, un autre label que Dijon vient de décrocher) nous inquiète particulièrement au vu des objectifs et des partenaires énoncés : Dijon Céréales, Orange, Seb… pour “élaborer un système viable et durable, favorisant les filières agroalimentaires et la consommation locale”. Une note du Réseau Action Climat alerte contre cette agriculture de précision qu’elle qualifie “aux antipodes de la transition écologique et sociale” (2)

– Transports, mobilité – Saluons l’arrivée du tram il y a quelques années et la piétonnisation du centre historique, mais à l’heure de la Loi d’Orientation sur les Mobilités et au vu de l’augmentation importante des usagers du vélo, la mairie n’est pas non plus au rendez-vous. De nombreuses pistes utilisent une partie de la voie initialement réservée aux voitures et sont de ce fait dangereuses pour l’ensemble des usagers.

– Déchets – De nombreux citoyens s’emparent du compostage collectif mais la mairie ne leur donne pas les moyens d’exister et de développer réellement ce potentiel de réutilisation de la matière vivante.
Au niveau de la ville, la gestion des déchets a été déléguée à Suez qui souhaite s’engager dans la voie du traitement par méthanisation, ce qui nous parait également très discutable au vu des problèmes majeurs que cela pose (la matière qui ressort du méthaniseur est une matière morte, problèmes d’hygiène souvent constatés dans les villes où Suez a développé cette filière (3).
Par ailleurs aucune véritable politique de réduction des déchets à la source n’est mise en place ou même pensée. Les quelques projets qui existent au niveau local sont impulsés par des citoyens et ne sont pas soutenus comme il se devrait par la mairie.

– Eau – La mairie a délégué la gestion de la régie d’eau à Suez depuis des années et vient de renouveler ce contrat.
Une nouvelle société, mixte, a été crée, mais la firme y reste majoritaire et on peut douter de sa volonté de tenir compte des impératifs écologiques et sanitaires.
Cette délégation de pouvoir est largement décriée depuis des années par les citoyens et à chaque occasion des conflits d’intérêt sont soulevés. Le prix de l’eau à Dijon est élevé et il est impossible aux citoyens de savoir pourquoi en raison d’une totale opacité. Une régie municipale ou une SCIC tiendrait davantage compte des besoins et des intérêts des usagers.

– Gouvernance : si la Ville a mis en place un système de démocratie participative, c’est dans une logique descendante, le débat n’y a pas sa place. Si les commissions de quartiers peuvent initier l’implantation d’un composteur, les projets de grande ampleur et qui impacteront fortement notre quotidien, comme le TIGA, sont montés sans que les acteurs (citoyens, associations, GFA, filière BIO …), déjà impliqués sur le terrain soient contactés ni consultés.
Dijon développe de nombreuses plateformes numériques, ce qui déshumanise les liens entre la Ville et ses habitants et entraîne une consommation d’énergie importante.

Enfin, nous savons que l’implication et le soutien des habitants constitue également un critère d’appréciation important des différentes candidatures.
A Dijon, la mairie met en avant les soutiens reçus sur le site dédié à la candidature. Nous vous invitons à lire les commentaires libres laissés par les habitants en réaction à la bannière de promotion massivement envoyée aux dijonnais sur leur compte facebook. 545 commentaires publiés à ce jour (4)
Ces commentaires sont quasiment exclusivement constitués de critiques fortes, pointant notamment le fait que la ville de Dijon ne peut pas mériter le titre de Capitale Verte Européenne alors même que mairie est engagée dans une politique de bétonisation effrénée.
En annexe un florilège de ces commentaires, qui donne une bonne idée de leur tonalité générale. (PJ1)

Ces critiques unanimes sont à mettre en relation avec les très nombreuses observations formulées par les dijonnais dans le cadre de l’enquête publique du PLUIHD (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal Habitat Déplacement) de Dijon Métropole en 2019.
Déjà, les habitants dénonçaient les graves insuffisances en matière d’écologie et d’environnement dans le projet de PLUIHD. Mais la Métropole n’avait tenu quasiment aucun compte des observations des habitants, ne retouchant qu’à la marge le projet de PLUIHD pourtant largement rejeté par la population.
Il nous semble utile de porter à votre connaissance un extrait du rapport du commissaire-enquêteur, qui présente une synthèse des milliers d’observations adressées par les habitants (PJ2).

Pour toutes ces raisons, nous nous interrogeons. Car la plupart des arguments utilisés par la mairie sur son site “Dijon Capitale Verte Européenne” sont du fait d’initiatives citoyennes et ces initiatives ne sont que très rarement soutenues par la mairie ou alors au minima (compost, pollution atmosphérique, éducation et sensibilisation aux enjeux environnementaux, circuits courts,…)

Nous encourageons donc notre ville a être vraiment une ville verte, et au-delà de la publicité et même de ce label, à rayonner par les actions qu’elle engagera concrètement sur le territoire et avec ses habitants. Ce qui, aujourd’hui, n’est pas le cas."

Les associations signataires : Association "Bien Vivre dans le quartier de Larrey"- Association Montchapet habitat environnement – ATTAC 21 – Extinction Rebellion Dijon - Greenpeace Dijon - Les Amis de la Terre Côte d'Or - Nous Voulons Des Coquelicots Dijon

dimanche 27 septembre 2020

Un financement participatif pour Symone

 Symone repense la manière de se déplacer sur des longs trajets autoroutiers en alliant sécurité routière, écologie et temps libre. Ce projet repose sur une plateforme de porte-voitures combinée avec une cabine passagers.

Trois dijonnais sont à l'origine du projet "Symone". Il est possible de les aider en participant au financement participatif.

Description du projet:
Symone est un projet innovant reposant sur une plateforme de porte-voitures combinée avec une cabine passagers. Cet ensemble routier est stationné en amont du réseau autoroutier et le véhicule est embarqué sur une remorque. Les passagers montent à l'avant dans un module compartimenté tout confort.

Un chauffeur conduit les passagers et leurs véhicules en toute sécurité et en liaison directe aux péages. Les passagers profitent ainsi de leur temps libre pendant le trajet afin de faire autre chose que de conduire tout en diminuant leur empreinte carbone. Le service sera proposé en journée ou la nuit, pour les professionnels et les particuliers.

Les avantages écologiques selon les concepteurs :
* Une seule Symone hydrogène en circulation permettrait de diminuer de 400 tonnes par an les rejets de CO2 dans l’atmosphère pour la préservation de notre planète. A titre de comparaison, un aller-retour Paris New-York émet 1 tonne de CO2.
* En plus du CO2, l’utilisation de la voiture produit des particules fines et des oxydes d’azote. Notre concept permettrait de limiter également drastiquement leurs émissions.
C’est aussi très important quand on sait qu’il y a 48 000 morts par an en France liés aux particules fines (source Santé publique France juin 2016).
* La pollution sonore est aussi à l’avantage de l'hydrogène car le bruit ne viendrait plus que du train roulant (pneus, roulements, etc). On passe donc d'environ 80 décibels pour un moteur thermique classique à environ 10 décibels pour un véhicule électrique ou à hydrogène avec pile à combustible.

vendredi 25 septembre 2020

"Ici commence la mer"

Le 13 septembre, la ville de Dijon a commencé à déposer des plaques avec les inscriptions "ici commence la mer. Ne rien jeter" devant des plaques d'égouts et autres avaloirs. L'objectif est de sensibiliser la population à ne rien jeter par terre, surtout dans les égouts.

Un moyen très explicite de rappeler que les déchets jetés près des avaloirs d’eaux pluviales finissent directement dans les rivières, puis à la mer. Un seul mégot peut contaminer 500 litres d’eau et met cinq ans pour se désagréger en mer. Près de 80 % des déchets retrouvés en mer sont d’origine terrestre.

Selon le WWF, chaque année 600 000 tonnes de plastique sont rejetées dans la mer Méditerranée !
La mer n'est pas une poubelle ! Jeter un déchet dans la nature ici ou ailleurs est un crime ! Halte au jetable ! Oui au naturel et au durable.

jeudi 24 septembre 2020

Une centaine de chercheurs font 8 propositions écologiques pour verdir les restaurants universitaires

Une centaine de chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants et personnels de l'université de Bourgogne Franche-Comté propose des mesures écologiques au CROUS de Bourgogne Franche Comté. Ils souhaitent une évolution des restaurants universitaires. Notamment une offre de repas végétariens.

"L'alimentation carnée a une incidence sur le réchauffement climatique et la biodiversité". C'est ce que rappellent les signataires du document qui comporte huit propositions qui, si elles étaient mises en oeuvre, pourraient réduire l'impact écologique des restaurants universitaires (RU) de Bourgogne Franche-Comté.

Voici ces huit propositions :

  • Réduire la fréquence des plats à base d'oeufs
  • Mettre au menu une offre végétale quotidienne dans tous les services des RU
  • Mettre en place une campagne d'information sur les impacts environnementaux et sanitaires de différents types d'alimentation à destination des usagers des RU
  • Mettre en place pour les chefs cuisiniers une formation systématique à la cuisine végétale
  • Adhérer au réseau " Mon restau responsable"
  • Mettre en place des tarifs incitatifs pour encourager l'alimentation végétale
  • Mener un bilan environnemental du fonctionnement des RU et le rendre public
  • Développer l'approvisionnement local et en agriculture biologique

L'objectif des ces propositions dépasse l'idée de satisfaire les végétariens ou végétaliens. Il s'agit, disent les signataires, de " rendre visible et attractive l'alimenation végétale, pour qu'une part croissante des usagers des restaurants universitaires l'incluent régulièrement dans leurs habitudes alimentaires".

Dans son communiqué, le collectif d'universitaires explique qu'à titre individuel, le plus fort potentiel de baisse des émissions carbone réside dans un changement de régime alimentaire au profit d'un régime végétarien.

"Mettre à disposition des étudiants et des personnels une offre végétale appétisssante, permettrait de valoriser l'engagement du CROUS dans l'effort de transition écologique", disent les signataires du communiqué, ajoutant que le public majoritairement jeune qui serait ainsi touché quotidiennement pourrait impulser une dynamique de changement par l'exemple. 

(source: France 3 Bourgogne

Pour en savoir plus sur l'impact de l'alimentation carnée, lire L'Atlas de la viande réalisé par les Amis de la Terre Europe.

vendredi 18 septembre 2020

Pourquoi François Rebsamen refuse t il de mettre en place un Conseil de Développement, pourtant obligatoire ?

Dans un communiqué, les écologistes informent qu'ils ont saisi le préfet suite à l'absence de Conseil de Développement dans la métropole, alors que c'est obligatoire pour les villes de plus de 50 000 habitants.

Le communiqué:
Conseil de Développement à Dijon Métropole : les élu-e-s écologistes saisissent le Préfet

Depuis plus de 20 ans, la loi oblige les intercommunalités à mettre en place un Conseil de Développement. Cette instance de dialogue entre la société civile et les élus locaux est une avancée démocratique. Le Conseil de Développement permet aux acteurs locaux, aux citoyennes et citoyens d’apporter leur expertise et avis sur les politiques publiques locales. Cette aide à la décision est une opportunité pour renforcer la confiance dans des choix politiques partagés et de bénéficier de la richesse que sont les habitants d’un territoire.
Sous les précédents mandats, les élus écologistes ont alerté à plusieurs reprises le Président de la Métropole pour qu’il mette en place, conformément à la loi, un Conseil de développement métropolitain.
Nous ne comprenons pas son refus, alors que la défiance vis-à-vis de la démocratie représentative s’intensifie, de bloquer toute forme d’outil visant à enrichir nos dispositifs de démocratie locale.
C’est pourquoi, le groupe des élu-e-s écologistes et citoyens à décider de saisir le Préfet, garant de l’état de droit, pour qu’il fasse appliquer la loi au sein du Conseil Métropolitain.
Il est temps de construire des coopérations, de valoriser l’intelligence collective citoyenne pour qu’elle apporte aux élus métropolitains un regard prospectif et transversal, indispensable pour répondre aux grands défis d’aujourd’hui et de demain.

Stéphanie Modde, Olivier Muller, Karine Savina, Patrice Château, Catherine Hervieu et Fabien Robert."


Présentation des Conseil de Développement, en Bretagne

Plus proche, la communauté de commune de Gevrey-Chambertin et Nuits Saint-Georges a un Conseil de Développement depuis 2018.


Explication de ce que sont les conseils de développement :

Depuis plus de 20 ans, grâce à la mobilisation de dizaines de milliers de bénévoles, les Conseils de développement constituent des espaces de dialogue entre la société civile, les élus locaux et les citoyens, à l’échelle des intercommunalités et des territoires de projet, en lien avec les communes. Ils contribuent à enrichir les politiques publiques locales, en apportant aux élus intercommunaux et métropolitains un regard prospectif et transversal, indispensable pour répondre aux grands défis d’aujourd’hui et de demain.

Inspirées par les démarches pionnières menées à l’échelle du Pays et de l’Agglomération de Rennes, du District de Nantes, du Grand Lyon et au Pays Basque, la loi Voynet portait l’ambition d’instiller dans l’aménagement du territoire les questions de développement durable et de démocratie participative. Elle a fondé dans les Pays et les agglomérations les Conseils de développement, chargés de donner leur avis sur les projets de territoire et les documents de planification.

Porteurs d’expertises diversifiées, les Conseils de développement contribuent à créer un dialogue sur des questions d’intérêt commun. La pluralité des angles de vue qui s’expriment en leur sein garantit la richesse des positions qu’ils portent. Ils concourent à la mobilisation des acteurs locaux et des citoyens pour faire émerger des projets et des solutions innovantes, adaptées à chaque territoire, rôle essentiel pour réussir la transition écologique et sociale.

Forces de proposition, attachés à la construction collective par le débat, les Conseils de développement s’efforcent d’apporter une expertise citoyenne dans le contenu des politiques locales.

Les Conseils de développement conduisent leurs travaux sur saisine de l’intercommunalité ou du territoire de projet et par auto‐saisine, sur tout sujet qui leur semble présenter un intérêt pour le territoire et ses habitants.

La loi leur ouvre trois grands domaines d’intervention sur la définition, la mise en œuvre et l’évaluation d’une politique publique.
* Le Conseil de développement contribue à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation et à la révision du projet de territoire.
* Il émet un avis sur les documents de prospective et de planification (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal, Schéma de Cohérence Territoriale, Plan Local de l’Habitat, Plan de déplacement urbain,…).
* Il contribue à la conception et l’évaluation des politiques locales de promotion du développement durable (Agenda 21, Projet d’Aménagement et de Développement Durable, Plan Climat Air Énergie Territorial,…).

D’autres compétences complémentaires sont souvent exercées par les Conseils de développement.
* Ils animent le débat public, créent un espace de dialogue, d’expression libre et argumentée entre acteurs d’opinions, de formation, de profession et d’engagements divers, sur des questions d’intérêt commun et jouent un rôle d’éclaireur et de lanceur d’alerte.
* Ils se saisissent de l’expertise présente sur le territoire pour alimenter et enrichir les projets et propositions.
* Ils partagent et diffusent des connaissances sur les questions intercommunales et remplissent une mission d’éducation populaire.
* Ils animent des réseaux d’acteurs et valorisent les initiatives et les projets citoyens.
* Ils sont à l’écoute du territoire et des attentes de ses habitants pour percevoir les dynamiques citoyennes et les signaux faibles des évolutions sociétales.
* Ils portent des actions et des expérimentations qui peuvent être reprises et pérennisées par d’autres.

Force de proposition et laboratoire d’idées, les Conseils de développement sont une richesse pour le territoire intercommunal.


Hasard du calendrier, ce même jour Alterre Bourgogne Franche-Comté organisait une journée de conférences sur le thème "Défis démocratiques et transition socio-écologique : un temps à réinventer la démocratie ?"
"Crise environnementale, crise énergétique, crise sanitaire... Les modèles économiques, sociaux et politiques, qui prévalent dans nos sociétés occidentales, sont aujourd’hui remis en cause. Abstention croissante aux élections, mouvements populaires, nouvelles formes de mobilisation et de consultation citoyenne, activisme de la jeunesse, actions judiciaires contre l’État sur la question du changement climatique... Interrogée, contestée, la démocratie doit se réinventer. Avec, en ligne de mire, un enjeu suprême : la capacité de l’Homme à sauver sa planète, qui passe par la réussite d’une transition socio-écologique impliquant la justice climatique. "

Tout le monde veut sauver la planète, tout le monde veut de la démocratie, sauf quelques responsables de Dijon métropole ? La question mérite d'être posée. Ceci d'autant plus que tout le monde sait qu'à Dijon les enquêtes publiques ne servent à rien puisque les conclusions sont pipées d'avance. Pourtant, le nombre de citoyens volontaires, ayant des idées intéressantes, et engagés ne cesse de croître.