vendredi 14 août 2026

Pratique du vélo : Nathalie Koenders confond causes et conséquences

Dans un post sur sa page Facebook, Nathalie Koenders, maire de Dijon, indique qu'elle soutient la généralisation obligatoire du port du casque à vélo. Encore une personne qui prend le problème de sécurité à vélo à l'envers !

 
 

La réaction de l'association EVAD ne s'est pas fait attendre dans un communiqué de presse :

"Le vélo sauve (déjà) des vies

Ce jeudi 13 août 2026, Madame Koenders, maire de Dijon, a déclaré sur sa page Facebook qu’elle était favorable à une obligation nationale du port du casque à vélo et à trottinette, en réaction à l’arrêté de la préfecture de police de Paris imposant notamment le port du casque lorsque l’on circule sur un engin de déplacement personnel motorisé dans plusieurs départements franciliens. Outre notre incompréhension de l’ajout à Dijon du sujet vélo qui n’est pas concerné dans la mesure parisienne, nous tenons à réaffirmer notre ferme opposition à cette mesure contre-productive, et entraînant toujours plus de divisions et de fractures au sein de notre société qui n’en a vraiment pas besoin.

Rendre obligatoire le port du casque, c’est ancrer l’idée que faire du vélo est dangereux
Tout d’abord, clarifions le débat : nombre d’entre nous portons un casque, systématiquement ou ponctuellement, lorsque nous nous déplaçons à vélo. Le débat ne porte pas ici sur le port du casque (et sur ses bénéfices attendus, notamment sur le sentiment de sécurité) mais sur son obligation universelle.
La pratique du vélo, qu’elle soit quotidienne ou ponctuelle, sauve des vies, et pas seulement celles des personnes qui l’utilisent. Sans entrer dans une liste exhaustive de ses bénéfices, et des études scientifiques toujours plus nombreuses qui viennent confirmer ces affirmations, citons pêle-mêle l’amélioration des systèmes cardiovasculaires et immunitaires, l’amélioration du souffle, la lutte contre les effets de la sédentarité, la réduction du risque de maladies chroniques, la réduction de la pollution de l’air (par rapport à des trajets en véhicules motorisés, y compris électriques),... Les bénéfices pour la santé publique sont majeurs.

Distinguer les pratiques et les usages
En 2003, l’Union Cycliste Internationale a instauré le port du casque obligatoire sur l’intégralité des courses professionnelles. Ainsi, dans le cadre de la pratique sportive, où la prise de risque est volontaire et régulière, il a semblé pertinent de protéger systématiquement la tête des cyclistes. Dans cette même logique, les pilotes de sports automobiles portent des casques, en plus de leurs ceintures (ou autres harnais) de sécurité lors des courses. Pourtant, personne n’imagine imposer le port du casque aux automobilistes du quotidien.

Lorsque l’on se déplace à vélo pour un usage utilitaire, ce qui est la pratique principale en milieu urbain, on ne prend pas davantage de risque que lorsque l’on se déplace à pied. Ce sont les infrastructures qui, en favorisant largement les déplacements motorisés et leur vitesse, créent des situations de dangers, que ce soit de manière explicite ou non. En outre, d’un point de vue purement pratique, le casque est un objet matériellement inadapté aux réalités quotidiennes : que vont devenir les VeloDi si une telle mesure est mise en place ? Doit-on rendre obligatoire la planification stricte et absolue de tous nos déplacements et activités du quotidien de façon à toujours disposer d’un casque, encombrant, en toutes circonstances ?

Arrêter de stigmatiser les victimes : s’attaquer aux origines des problèmes
Ce réflexe de stigmatiser les victimes des violences motorisées rappelle d’autres faits de société pour lesquels, là non plus, on ne veut pas s’attaquer aux causes, et seulement tenter d’amoindrir les conséquences. Lorsque la science, et l’expérience nous présente des faits, il nous semble plus sain, pour le débat public, d’appuyer les décisions politiques dessus. Décisions politiques qui, elles, sont ouvertes au débat dans un cadre démocratique apaisé. Dans le cas présent, il a été observé et documenté que les territoires qui ont mis en place l’obligation du port du casque ont réduit significativement la pratique du vélo utilitaire, et ont donc connu par conséquent une dégradation de leur santé publique collective.

Aussi, après la décision brutale d’interdiction de la circulation à vélo en journée rue de la Liberté l’an passé, nous invitons les élu-es de la Ville de Dijon à cesser de s’attaquer à la pratique du vélo dans notre ville, et à travailler en amont avec les associations d’usagères et d’usagers afin de développer sa pratique au quotidien, dans les meilleures conditions pour tout le monde.

Enfin, nous rappelons quelques revendications que nous portons depuis de nombreuses années, et qui sont de nature à apporter bien plus de sécurité pour les cyclistes que l’obligation du port du casque :

- Vitesse limitée à 30 km/h sur l’ensemble de l’agglomération, pour réduire le nombre ET les conséquences des accidents
- Réalisation d’un plan de circulation ambitieux afin de réduire notamment la circulation automobile de transit dans les rues étroites
- Aménagement des infrastructures de manière à séparer les flux de circulation, notamment entre personnes à pieds et cyclistes".

Après avoir interdit aux cyclistes, de façon autoritaire, l'accès à la rue de la Liberté à Dijon, cette politicienne continue à pénaliser ce mode de déplacement doux. Sa phrase aurait du être : « À vélo comme à trottinette, la diminution du nombre de voitures peut sauver des vies » et « À vélo comme à trottinette, l'augmentation de VRAIES pistes cyclables peut sauver des vies ».
Il ne faut pas se tromper ! Une fois de plus Nathalie Koenders mélange causes et conséquences... 

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