dimanche 22 février 2026

Une économie destructrice ou respectueuse de la nature ? La proposition de Dijon Avenir

Alors que la plus part des économistes et des politiciens (comme François Rebsamen) ne jurent que par la croissance, il est démontré qu'une croissance infinie dans un monde fini est impossible. Le "toujours plus" économique, avec la prédation des ressources, la fabrication d'objets puis l'accumulation des déchets est terriblement néfaste pour l'environnement. Remplacer le PIB par le BIP, voila ce que propose Dijon Avenir.

Communiqué :  "Le PIB est mort : vive le BIP !
Dijon Avenir définit une nouvelle économie locale intense en emplois non délocalisables.

Alors que les institutions financières nationales confirment la baisse inéluctable du Produit Intérieur Brut (PIB), la liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” propose de bifurquer vers un modèle de post-croissance pour éviter une violente récession subie, et définit le BIP comme nouvel indicateur de bonne santé de la société et de la population, pour remplacer le PIB.
La nouvelle économie locale, stationnaire, sobre en énergie et ressources, relocalisée, circulaire et régénérative, apportera de nombreux bénéfices pour les habitant·e·s, notamment la création massive d’emplois dignes, utiles et non délocalisables. 
Pour cela, nous devrons soutenir fortement les acteurs locaux pionniers déjà engagés pour la transformation de l’économie locale. Nous en avons déjà identifié des dizaines, notamment dans le champ de l’économie circulaire.

Vers la post-croissance
Avec l’épuisement progressif des ressources fossiles et minérales, notre monde est confronté à une baisse inéluctable du Produit Intérieur Brut (PIB), directement corrélée à la diminution de la quantité d’énergie disponible, déjà engagée en Europe. Comme d’autres institutions financières nationales et internationales, la Cour des Comptes elle-même l’affirme en page 96 de son rapport public sur la thématique transition écologique publié en septembre 2025 : “le scénario de statu quo des politiques menées face au dérèglement climatique entraînerait une perte de 11,4 points de PIB à l’horizon 2050 ; cette perte serait ramenée à 7 points avec la mise en œuvre immédiate de politiques d’atténuation”. 
En réalité, la baisse du PIB est engagée en France et en Europe depuis la fin des Trentes Glorieuses, mais les gouvernements essaient de limiter cette baisse, notamment en dopant l’économie par la dette ! Chacun sent bien que cela n’est ni durable ni souhaitable. 

L’économiste américain Kenneth Boulding (1910-1993) écrivait : “Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou… soit un économiste !”
Par ailleurs, le PIB est un très mauvais indicateur de l’état de la société et de la population. Ainsi :
* Le PIB est aveugle à la nature de ce qui a augmenté le PIB (par exemple, les revenus du trafic de drogue sont intégrés par l’INSEE au calcul du PIB depuis 2018 !)
* Le PIB ne dit rien sur la distribution des richesses, il est aveugle aux inégalités de revenus et de patrimoine. On peut avoir un PIB très élevé qui augmente avec des très riches qui s’enrichissent très vite et des pauvres qui s’appauvrissent…
* Le PIB ne dit rien du niveau d’éducation de la population
* Le PIB ne dit rien du niveau de santé de la population
* Le PIB ne dit rien de la perte de biodiversité et des services écosystémiques rendus par la nature

La fin de la croissance économique est perçue négativement par une large partie de la population parce que présentée par les gouvernants et les médias comme une inéluctable entrée en récession économique. Nous pensons au contraire qu’il est possible de bifurquer vers un modèle de “prospérité sans croissance” (Tim Jackson, 2010), ou “post-croissance”. Pour l’économiste français Timothée Parrique, la “post-croissance” est une “économie stationnaire en harmonie avec la nature où les décisions sont prises ensemble et où les richesses sont équitablement partagées afin de pouvoir prospérer sans croissance”.

Cette nouvelle économie locale stationnaire, sobre en énergie et ressources, relocalisée, circulaire et régénérative, apportera de nombreux bénéfices pour les habitant·e·s, notamment la création massive d’emplois dignes, utiles et non délocalisables.

Un nouvel indicateur : le BIP
Pour remplacer le PIB, et alors que Mme Koenders garde les yeux rivés sur cet indicateur et refuse de reconnaître la réalité, Dijon Avenir définit le “BIP” comme nouvel indicateur permettant d’évaluer la bonne santé de la société et le bien-être des humains que nous sommes :
B comme Bifurquer : capacité à proposer le bon changement de direction, le bon niveau de transformation pour faire face aux crises
I comme Inspirer :  capacité à susciter la libre adhésion de la population à cette bifurcation
P comme Protéger : capacité à assurer les besoins vitaux de la population, à garantir les principales sécurités
C’est inéluctable, la taille de l’économie va diminuer. Et c’est souhaitable, dans la mesure où la croissance économique se fait au prix de très nombreux dégâts environnementaux et humains : extractivisme, pollutions multiples et très mauvaise répartition des richesses produites. Nous pensons qu’il va falloir améliorer la répartition de la valeur, en la rapprochant davantage de la production et de l’échelon local, pour plus de justice sociale et de solidarité.
Et surtout, nous avons la certitude que cette nouvelle économie locale verra croître et grandir beaucoup d’autres choses à Dijon à l’horizon 2050 : d’abord les relations sociales et les liens entre habitant·e·s et avec la nature, sources de santé physique mentale et sociale. Et puis, la culture dans des formes adaptées à la fin de l’abondance énergétique, qui va permettre de développer une culture beaucoup plus participative.

Nouvelle économie locale
Parce que le rôle premier d’un exécutif municipal est de fixer le cap vers lequel emmener les habitant·e·s durant le mandat, la liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” affirme le sien qui est de bâtir une société du vivre-ensemble dans laquelle nous pourrons satisfaire des besoins raisonnés au moyen de ressources désormais limitées. 
Avec Dijon Avenir, la collectivité ne cherchera pas à se placer au centre des décisions de la vie  économique, mais en soutien des actions des associations, entreprises et coopératives, en impulsion de nouvelles activités répondant aux besoins locaux et en financement des solutions inventées pour la robustesse du territoire.
Relocalisée, circulaire et régénérative, la nouvelle économie locale va monter en puissance d’ici à 2050 et prendra progressivement le relais de l’économie actuelle qui va décroître. Sur la méthode, nous lancerons une convention citoyenne en début de mandat pour établir un véritable dialogue avec les entreprises de l’économie traditionnelle, à l’écoute de leurs besoins. L’enjeu est d’accompagner les entreprises dans la transformation de leur modèle économique : nous proposerons un soutien financier pour l’accompagnement en ingénierie de la transformation des modèles d’affaires et aussi pour assurer les transitions en matière de ressources humaines. Et bien sûr, nous soutiendrons les acteurs locaux existants dont les activités concourent à la nouvelle économie locale.

Carte des acteurs de la nouvelle économie locale
Cette semaine, nous illustrons de manière concrète tout un pan de la nouvelle économie locale qui, par des initiatives pionnières, permet d’initier les premiers pas de cercles vertueux : réemploi, réparation, partage et zéro déchet.
Nous soulignons que la majorité sortante est restée totalement inactive dans ce domaine durant son mandat : alors qu’il est obligatoire pour toute collectivité depuis 2015 d’élaborer et d’animer un Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés, devenant le socle d’une politique d’économie circulaire, le Conseil métropolitain a péniblement délibéré en juin 2025 pour la création d’une Commission consultative.
Le synoptique présenté en page 56 du rapport 2024 d’élimination des déchets de Dijon Métropole est sans appel : les quelque 7 700 tonnes d’objets encombrants collectées chaque année en déchèteries et en porte-à-porte sont incinérées à 95 % ; ce sont autant de ressources tirées du sol qui disparaissent, réduites en fumée. 
Devant une si faible implication pour l’économie circulaire, faut-il s’étonner de la fermeture récente du vide grenier permanent de Chevigny-Saint-Sauveur, concept inédit qui permettait aux vendeurs de déposer leurs articles (vêtements, livres, jeux, décoration, meubles, poussettes, vélos) tout au long de l’année ?
Dans cette campagne électorale où les vrais sujets sont passés sous silence, Dijon Avenir répond par la mise en ligne d’une carte des acteurs de la nouvelle économie locale. Non exhaustive, cette carte recense les associations, entreprises et coopératives que nous avons rencontrées, complétée par des structures recensées par le guide Turfu et des Répar’acteurs labellisés par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat.

De nombreux co-bénéfices
D’un point de vue humain, la transformation de l’économie locale dès 2026 va indéniablement générer de fortes opportunités de reconversion professionnelle pour des salariés de secteurs économiques d’ores et déjà en difficultés dans l’agglomération dijonnaise.
Par ailleurs, l’adoption de nouvelles pratiques par les Dijonnais·es aura pour bénéfice une réduction du coût de la vie. Grâce à la multiplication des lieux pour acheter d’occasion, réparer ou faire réparer ses équipements, les habitant·e·s retrouveront de fait une plus grande autonomie.
Enfin, avec une activité économique de production locale, l’argent restera majoritairement sur le territoire, amorçant une boucle vertueuse de résorption des inégalités."

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