L'association Les Amis de la terre Côte-d'Or a envoyé une lettre ouverte à François Rebsamen, président de Dijon métropole, et à tous et toutes les élu.e.s métropolitains, pour demander le non renouvellement du contrat avec Clear Channel.
Mesdames et Messieurs
Vous n’êtes pas sans ignorer la situation environnementale
catastrophique de notre planète. Il ne se passe pas un jour sans qu’un
nouveau rapport tire un signal d’alarme sur la disparition des insectes
(1), sur le réchauffement climatique (2), sur la pollution de l’air
(3),… L’origine commune de ces dégradations environnementales est notre
société de surproduction et de surconsommation. Consommer, plus,
toujours plus, c’est devenu une véritable aliénation pour certains,
exprimée par le graal du 20 ème siècle : la croissance économique.
Cette surconsommation est essentiellement rendue possible par la
publicité. En 2018, vous avez voté un RLPi (Règlement Local de
Publicité intercommunal) qui a permis seulement la suppression de
plusieurs centaines de panneaux publicitaires de grand format sur toute
l’agglomération, mais laissant la publicité sur les centaines
d’abribus et panneaux sucettes. Suite à nos différentes démarches, ce
RLPi est plus restrictif que ce que vous aviez prévu initialement.
Ainsi de nombreuses rues sont devenues apaisées, des rues où les
passants sont plus tentés à admirer la végétation que de regarder
des publicités, qui s’en plaint maintenant ?
Nous vous interpellons aujourd’hui pour vous demander de passer à la
seconde étape : le non renouvellement du contrat qui lie la métropole
au publicitaire Clear Channel. Cette société s’occupe du mobilier
urbain (abribus et panneaux sucette) et gère ainsi des centaines de
panneaux publicitaires, de façon pas toujours légale d’ailleurs… Ce
contrat se termine courant 2022. Nous vous demandons dès maintenant à
vous engager explicitement à ne pas renouveler ce contrat (comme l’a
fait la ville de Grenoble en 2014, ce qui a aidé Grenoble à devenir
capitale verte européenne en 2020) et à prendre dès maintenant les
dispositions nécessaires pour anticiper le renouvellement des abribus.
Cet engagement permettra de libérer davantage la métropole de cette
incitation à la surconsommation, dont l’achat de produits absolument
non locaux et très polluants (4), ou faisant la promotion de sociétés
complices du réchauffement climatique (5) et aux normes sociales
critiquables (6), d’encourager le sexisme (7) et le lobby industriel
(8). La publicité est source de nombreux maux que nous avons
synthétisés dans notre dossier (9).
La publicité sur le mobilier urbain n’est pas une fatalité. Ce
non-renouvellement de contrat sera une excellente occasion de favoriser
alors un mobilier urbain éco-conçu, à taille humaine, centré, comme
les panneaux des arrêts de Tram, sur l’information culturelle,
sportive, citoyenne (10); « c’est au citoyen de décider quelle
information il veut recevoir » !
Nous vous demandons dès maintenant de vous exprimer clairement sur
le sujet, notamment par un vote en ce sens dès le prochain conseil
métropolitain.
Nous restons à votre disposition pour en discuter.